une oeuvre à la maison

Une oeuvre à la maison, ou comment désacraliser l’art?

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Une idée juste géniale, et je suis jalouse de ne pas y avoir pensé mais le peintre Olivier Masmonteil m’a battu ! 😊

Olivier Masmonteil, depuis un an, « cherche des idées pour faire vivre le travail des artistes et partager autour de l’art » – à travers des vidéos et des « box d’artistes » –  et a finalement lancé une nouvelle initiative le 1er avril : « Une œuvre à la maison ».

« Notre métier, c’est de faire des œuvres, mais si personne ne les voit, elles n’existent pas. J’ai repensé au modèle des artothèques, ces structures qui prêtent des œuvres, en l’adaptant aux contraintes actuelles du périmètre de 10 kilomètres. L’idée est donc de transformer la France en artothèque géante ! », résume-t-il.

« Ça a marché tout de suite, on a même été un peu dépassés par le bouche-à-oreille », se réjouit le peintre.

Tout a commencé en contactant ses proches – les artistes Thomas Lévy-Lasne, Lionel Sabatté et Hélène Marcoz –, puis il a réussit à convaincre Appia, un assureur et une agence de communication (Dezarts) de se joindre à l’opération, également en créant un compte Instagram @uneœuvrealamaison.

Le principe est très simple: au fil des propositions de prêt (gratuit), des annonces sont postées sur le compte, et localisées. Les particuliers ont quinze jours pour adresser leurs motivations, en expliquant pourquoi ils aimeraient avoir cette œuvre chez eux. L’artiste, la galerie, le collectionneur ou le représentant de l’institution prêteuse se charge ensuite de la déposer au domicile du particulier, et de la récupérer à l’issue de l’opération, offrant au passage une occasion d’échanger sur l’art.

Les conditions de l’assureur : que les œuvres ne soient pas fragiles, et d’une valeur de moins de 10 000 euros.

« Il n’y a pas de sélection des œuvres, c’est avant tout un plaisir partagé de façon solidaire », détaille Olivier Masmonteil. Elles sont déjà une centaine en ligne, et une trentaine sont en cours de traitement. « Cela traduit un vrai manque partagé : un besoin de voir de l’art et celui de montrer son travail », précise l’artiste.

Olivier Masmonteil est un peintre et artiste français né en 1973. Il a étudié à l’Ecole des Beaux Arts de Bordeaux, et représente généralement plus les paysages. C’est aussi un artiste globetrotter puisqu’il a eu un tour en Asie et Amérique du Sud.

En 2008-2009, il s’est lancé dans un  tour du monde avec la volonté de le peindre en mille toiles. Intitulée Quelle que soit la minute du jour, cette anthologie du paysage, l’a occupé pendant trois ans et l’a poussé jusqu’au bout du monde. Il est allé au Népal ou au Chili « où les  montagnes sont tellement hautes qu’on n’a pas l’habitude de regarder si haut dans le ciel. Je me souviens d’un matin brumeux, où mon guide m’a dit : “Viens voir l’Anapurna”. Au départ, je ne voyais pas grand-chose. Il fallait lever la tête au maximum, pour voir sa cime sortir des nuages. »

Le peintre a trouvé un petit air de Corrèze en Nouvelle-Zélande. Il a eu aussi la chance de « voir et écouter » le glacier de Perito Moreno en Patagonie argentine…

Si les musées, théâtres et cinémas ont réouvert et un semblant de vie est revenu à la normale, le Covid 19° eu le mérite pour de nombreuses personnes de “think outside the box”, et ce fut bien le cas pour Olivier Masmonteil qui a réinventé l’accès à la culture pour tous.

“Nous avons désormais plus de 200 artiste engagés dans le projet et le nombre d’artistes croit jour après jour et de nombreuses Galeries sont également attachées au projet.”

« Pendant toute cette année de confinement, j’ai essayé de développer des manières de promouvoir et de diffuser l’art, raconte Olivier Masmonteil. J’ai commencé, au premier confinement avec une petite émission  sur mon compte Instagram qui s’appelait Traversée. On a poursuivi, avec Atelier en boîte au moment de Noël. Puis, au troisième confinement, je me suis dit qu’il fallait remédier au manque de culture, en faisant entrer les œuvres chez les gens. »

Une volonté évidente de désacraliser l’art. Et personnellement j’adore cela. L’art ne devrait pas être élitiste, il doit être accessible à tout le monde.

« Tout le monde pouvait participer. On est très heureux des lettres qu’on a reçues de la part des gens. Dans la plupart, ils nous disaient : « Je n’ai jamais osé rentrer dans une galerie, j’ai toujours été impressionné par l’art et ne pensais pas avoir une œuvre chez moi » », souligne Olivier Masmonteil.

Cela créera des rencontres émouvantes et de nouvelles passions pour des personnes qui généralement ne fréquente pas ce genre de cercle social.

Un rendez-vous a été encore plus marquant pour le peintre Olivier Masmonteil. « La dernière œuvre a été prêtée à Châtillon. C’est une maman qui a postulé pour son petit garçon, pour qu’il ait cette œuvre dans sa chambre, raconte Olivier Masmonteil.  Depuis, il n’arrête pas de la faire visiter à tous les gens qui passent chez eux. Il m’envoie des messages via Instagram avec des photos où il montre le tableau à des amis de sa maman. C’est hyper émouvant. Je me dis que cet enfant se transforme en médiateur culturel.»

« Une œuvre à la maison » a eu un autre effet inespéré. « Certaines personnes qui ont eu des œuvres en dépôt ont décidé de les acheter, parce qu’elles se sont rendu compte que les prix étaient abordables, se félicite Olivier Masmonteil. On a toujours l’idée que l’art vaut des millions, alors qu’il y a plein d’artistes, plus ou moins connus, qui vendent leurs œuvres à 500 ou à 1.000 euros.»

Pour tenter votre chance et accueillir de l’art directement chez vous, c’est par ici ! @uneœuvrealamaison.

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